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L’usufruit : un jeu de stratégie entre droits et obligations

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L’usufruit vient de l’association de deux termes latins : « usus » et « fructus ». La personne usufruitière fait « l’usage des fruits » que rapporte un bien sous forme d’argent ou en nature : loyers, récoltes, dividendes, intérêts… L’usufruit représente le droit de jouir d’un bien sans en être propriétaire. Ce droit juridique engendre des droits avantageux mais également des obligations vis à vis des nu-propriétaires, c’est à dire ceux qui sont propriétaires légalement sans avoir la jouissance du bien. Qui doit régler la taxe foncière ou les gros travaux ?
Les caractéristiques de l’usufruit sont :
  • le droit d’habiter le bien
  • la perception de loyers et de toutes rentes générées par le bien
  • la récolte d’arbres fruitiers ou les bénéfices d’un terrain agricole.
Le droit de propriété est divisé en deux :
  • d’une part, la nue-propriété dont le propriétaire retrouvera à terme la pleine propriété du bien
  • l’usufruitier qui jouit du bien et sous forme imagée « de ses fruits »
Mais l’usufruit est limité dans le temps, alors que le droit de propriété est inaliénable et imprescriptible.
Quels sont les droits de l’usufruitier ?
Il a le droit :
  • d’habiter le bien
  • de percevoir les fruits du bien : récoltes, intérêts, dividendes, loyers…
  • de se servir du mobilier à charge de le rendre en même quantité et qualité au terme de l’usufruit
  • de donner à bail son droit d’usufruit, de le vendre ou le céder à titre gratuit
  • de louer le bien. Lorsqu’il s’agit de baux ruraux, d’immeubles ou de locaux à usage professionnel il doit obtenir l’accord du nu-propriétaire.
Le nu-propriétaire ne peut nuire aux droits de l’usufruitier sous peine de poursuites judiciaires.
Quelles sont les obligations de l’usufruitier ?
Lors de la signature de l’usufruit et pour éviter tout litige, un inventaire précis des meubles et un état de lieux du bien doivent être réalisés en présence du nu-propriétaire. A la fin du contrat, l’usufruitier ne peut réclamer aucune indemnité pour l’amélioration du bien.
L’usufruitier a pour obligation :
L’usufruit prend fin :
  • au décès de l’usufruitier
  • lors de l’expiration du délai de l’usufruit
  • par le non-usage du bien pendant 30 ans
  • par la perte totale du bien
  • par l’abus excessif du bien ou par faute d’entretien qui entraine sa dégradation.
S’il est fait preuve d’abus ou de détérioration, l’usufruitier doit indemniser le nu-propriétaire en nature ou en argent.
Pour plus d’informations et pour les courageux, nous vous conseillons la lecture des articles 578 à 624 du Code civil relatifs à « De l’usufruit, de l’usage et de l’habitation ».
Patricia est rédactrice professionnelle dans le domaine de l'immobilier.

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